Hekas Hekas... Carole Deveau et Patrick McFarlane

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Au printemps, plusieurs d'entre nous avons dû réfléchir à nos priorités, faire des changements, et affronter quelques vices qui ont fait surface. Confinés, nous avons vu le printemps arriver, et sans même le savoir, cette saison nous a redonné espoir. Maintenant, nous entrons dans une saison plus sombre. Cette exposition vous fournit un espace pour méditer sur les derniers mois. Et, afin de commencer l'hiver sans les fardeaux accumulés depuis le printemps, on vous offre une cérémonie sur le lâcher prise.

Originaire de Moncton, Nouveau-Brunswick, Carole Deveau a toujours aimé incorporer le public dans le processus de création en leur offrant la possibilité d'interagir avec ses oeuvres. Depuis 2012, Deveau commence à s'intéresser aux arts médiatiques à la suite de formations offertes par le Volet arts médiatiques du FICFA.

Patrick McFarlane est tatoueur et artiste originaire de Moncton (NB). Ses œuvres sont inspirées du mythos, l’occultisme et l’esthétique du folk art. Il travaille avec diverses médiums de création, telle l’impression, le collage, l’encre et la peinture sur papier.

Cette exposition est présentée dans le cadre du Volet Art Médiatique du Festival International du cinéma francophone en Acadie du 12 au 20 novembre 2020 entre 10h et 17h.

Vous pouvez aussi écouter une visite guidée de l'exposition avec Émilie Turmel et une entrevue avec Carole Deveau à partir de la marque de 19min10 ici: https://www.arteriel.ca/fr/episode-001

Image : Mathieu Léger

Image : Mathieu Léger


This Spring, many of us had to think about our priorities, make changes, and deal with some flaws that surfaced. Confined, we saw Spring arrive, and without even knowing it, the season gave us hope. Now we are entering a darker season. This exhibit provides you with a space to reflect on the past few months. And, in order to start the Winter without the burdens accumulated since Spring, we offer you a ceremony on letting go.

Carole Deveau, from Moncton, New Brunswick, has always loved to incorporate the public into the creative process by offering them the opportunity to interact with her works. Since 2012, Deveau has started to take an interest in media arts following training offered by the Media Arts Section of FICFA.

Born in Moncton, NB, Patrick McFarlane is a tattooist and artist. His work draws inspiration from mythos, magic, folk aesthetics and body adornment. He works with multiple mediums such as print, collage, mixed media and ink on paper.

This exhibition is presented as part of the Media Art Section (VAM) of the FICFA (Festival International du cinéma francophone en Acadie) from November 12th to 20th, 2020 from 10am to 5pm.

Images par Mathieu Léger

“Expérience spécifique d’une signification anormale” projet de commissariat par Alisa Arsenault

du 9 octobre au 5 novembre 2020.

from October 9th to November 5th 2020.

(English follows)

“Specific experience of an abnormal meaningfulness” Erika Adams, 2015.

“Specific experience of an abnormal meaningfulness” Erika Adams, 2015.

“Expérience spécifique d’une signification anormale. »

Alisa Arsenault

Parcourir les archives de l’imprimerie Imago, c’est comme voyager dans le temps à travers les pensées, les souvenirs et les interprétations du monde des autres. On peut s’y perdre, pendant de nombreuses heures, avec tant d’images à assimiler. 

Une seule estampe, une première sélection, a tout de suite attiré mon attention. Cette œuvre de l’artiste de renom Jennifer Bélanger est de Lizzie Borden. Lizzie Borden était le principal suspect dans le meurtre à la hache de ses parents en 1892. Elle a été jugée et acquittée de ces crimes. Cette sérigraphie porte une citation de Borden: “J’aimerais que l’un d’entre vous descende, je veux beaucoup vous voir”.

Ce portrait a piqué ma curiosité pour plusieurs raisons, la principale étant, je ne pouvais qu’à ce moment, me rappeler des portraits de célébrités hollywoodiennes, imprimés par Bélanger, les classant et expliquant son amour pour chacun d’eux. Ce projet même, Love, Jennifer, sur le moment, m’a semblé beaucoup plus léger que cette pièce particulière de Lizzie Borden. Alors qu’en fait, les deux évoquent un intérêt intense et un fandom envers les étrangers, ainsi qu’un sentiment de nostalgie et de solitude.

Le désir de comprendre les schémas de pensée, les instincts et les actions d’une autre personne est à l’origine de mes sélections pour ce projet de commissariat. Il en résulte un sentiment de mélancolie, de fantômes qui nous hantent car nous ne les avons jamais vraiment compris, malgré un intense désir de les comprendre. Mes sélections sont aussi pour la plupart des représentations de femmes. Des femmes qui sont peut-être hantées par elles-mêmes. Qui cherchent à mieux comprendre leurs propres pensées et processus. Qui recherchent les traces et les spectres qu’elles laisseront inévitablement derrière elles. 

Plusieurs pièces miniatures ont été sélectionnées. L’échelle de ces pièces est en résonance avec le personnel, l’intime et le privé. Leur contenu est également important. Le “Fat Cat” de Nancy Morin, La “Femme-poisson” d’Isabelle Ayotte, les empreintes de petits poils chassés d’un corps de Sam Kinsley. Tous semblent sacrés et personnels, tous sont également teintés de rejet.  

Une pièce d’Erika Adams créée en perforant un papier peau d’oignon se lit comme suit :  “Expérience spécifique d’une signification anormale.” La recherche de points communs au sein de notre cercle de pairs est habituelle. Cependant, l’interprétation des écarts et des différences, ou de ce qui rend la vie de l’autre “anormalement significative” peut être d’une grande valeur pour nous. Malheureusement, c’est une chose que les êtres humains font très mal et cela a souvent de graves conséquences. Malcolm Gladwell en parle avec beaucoup d’éloquence dans son livre “Talking to Strangers” : “Nous devons accepter que la recherche de la compréhension d’un étranger a de réelles limites. Nous ne connaîtrons jamais toute la vérité. Nous devons nous satisfaire de quelque chose de moins que cela... Parce que nous ne savons pas comment parler aux étrangers, que faisons-nous lorsque les choses tournent mal…Nous rejetons la faute sur l’étranger”. Avoir la capacité de se glisser dans la peau de quelqu’un et de ressentir qu’une bribe son “expérience spécifique” est ce qui m’attire le plus à ces artistes et leurs œuvres.   

Enfin, cet assemblage d’estampes est un rappel à la complexité du monde intérieur de chacun et surtout des façons dont une personne peut définir et délimiter de l’espace pour soi-même en isolement. Une représentation de ce qui peut remplir le cerveau lorsqu’on le laisse à la solitude et à la réflexion pendant des périodes prolongées. Comme je suis humaine et qu’il est dans ma nature de me retourner sur ce qui est une expérience partagée, je peux affirmer que cet isolement est une chose à laquelle nous avons tous été confrontés récemment en raison de la pandémie. 

Sur ce, je vous invite à explorer toutes les autres œuvres choisies dans ce montage, en examinant chaque pièce sous votre angle spécifique, tout en prenant un moment pour considérer l’angle possible d’autrui, créant ainsi une signification comme vous l’entendez.   

“Expérience spécifique d’une signification anormale” est un projet de commissariat par Alisa Arsenault mettant en valeur des estampes de la collection d’archives de l’Atelier d’estampe Imago. Alisa Arsenault détient un baccalauréat en arts visuels de l’Université de Moncton (2013). Elle a participé à plusieurs expositions de groupe et d’expositions solos au Canada. Son oeuvre, À Cheval, fait partie du parcours d’art public Images Rémanentes. Elle a récemment exposé, ainsi que réalisé une résidence de création de deux semaines, à la galerie d’art Beaverbrook dans le cadre de l’exposition Harbour de la commissaire Amy Ash. Cette exposition fait partie d’une série annuelle d’exploration de nos archives. Nous reconnaissons l’appui  du Département du Tourisme, Patrimoine et Culture de la province du Nouveau-Brunswick. Merci!

Images : Mathieu Léger

« Specific experience of an abnormal meaningfulness »

Alisa Arsenault

Going through Imago Print Shop’s archives is like time traveling within other people’s thoughts, memories and interpretations of the world. You can get lost there, for many hours, with so much imagery to take in. 

A single print, a first selection, caught my eye right away. This piece by veteran print artist Jennifer Bélanger is of Lizzie Borden. Lizzie Borden was the main suspect in the 1892 axe murder of her parents. She was tried and acquitted of these crimes. The print is inscribed with a quote by Borden “I wish one of you would come down, I want much to see you”.

This portrait peaked my curiosity for many reasons, the primary one being, I could only in that moment, recall portraits of Hollywood celebrities, printed by Bélanger, ranking them and explaining her love for each. That very project, “Love, Jennifer”, in my initial recollection of it, seemed much more light hearted then this print of Borden. However, both conjure intense interest and fandom towards strangers, as well as a sentiment of longing and loneliness.

The desire to understand another person’s thought patterns, instincts and actions is at the root of my selections for this curatorial project. The result is a sentiment of melancholy, of ghosts that haunt us for we never quite understood them and have always long too. My selections are also mostly representations of women. Women whom are perhaps haunted by themselves. Whom are seeking a better understanding of their own thoughts and processes. Whom are investigating the traces and spectres that they will inevitably leave behind. 

Several miniature pieces have been selected. The scale of these pieces resonates with the personal, the intimate, the private. Their content is also important. Nancy Morin’s “Fat Cat”, Isabelle Ayotte “Femme-poisson”, Sam Kinsley’s imprints of the tiny hairs she has discarded from her body. These all seem sacred and personal, yet they are also tinged with rejection.  

An Erika Adams’ piece created by perforating onion skin like paper reads; “Specific experience of an abnormal meaningfulness”. Seeking commonalities within our circle of peers is habitual. However, interpreting deviations and differences, or what makes the other’s life “abnormally meaningful” can be of great value to us. Unfortunately, this is something human beings are terrible at interpreting and with that often comes grave consequences. Malcolm Gladwell speaks of this with great eloquence in his book Talking to Strangers: “We need to accept that the search to understand a stranger has real limits. We will never know the whole truth. We have to be satisfied with something short of that…Because we do not know how to talk to strangers, what do we do when things go awry…We blame the stranger”. To have the ability to crawl within someones skin and experience even less then an ounce of their “specific experience” is primarily what draws me to these particular artists and their works. 

Lastly, this assemblage of prints speaks as an outburst of one’s inner world and how an individual defines and delineates space for oneself when in isolation. A representation of what can fill the brain when left to solitude and reflexion during extended periods of time. As I am human and it is my nature to turn towards what is shared experience, it can be stated that this isolation is something we all have recently been faced with due to the pandemic. 

With that, I invite you to explore all other chosen works in this assemblage, investigating each piece through your specific lens, whilst also taking pause to consider the lens of another and with that creating meaningfulness as you see fit. 

“Specific experience of an abnormal meaningfulness”, curated by Alisa Arsenault, features prints pulled from Atelier Imago’s archive collection.Alisa Arsenault holds a bachelor’s degree in visual arts from the Université de Moncton (2013). She has participated in several group and solo exhibitions in Canada. Her work, À Cheval, is part of the public art course Images Rémanentes. She recently exhibited and completed a two-week creative residency at the Beaverbrook Art Gallery as part of curator Amy Ash’s exhibition Harbour. This exhibit is part of an annual exploration of our vast archives. We acknowledge the support of the Department of Tourism, Heritage and Culture of the Province of New Brunswick. Thank you!



Caroline Gagnon en résidence à Imago du 24 février au 14 mars 2020

Caroline Gagnon en résidence à Imago du 24 février au 14 mars 2020
Causerie le mercredi 11 mars, 17h-19h

Caroline Gagnon est en résidence à l'Atelier Imago du 24 février au 14 mars. Venez la visiter à l'atelier et discuter de son travail lors d'un 5 à 7 le mercredi 11 mars. Caroline débutera sa présentation à 17h30.

Caroline Gagnon vit et travaille à Montréal où elle a obtenu sa maîtrise en arts visuels et médiatiques à l'UQAM en 2011. Son travail a été présenté dans plusieurs galeries et centres culturels à travers le Canada. Elle a obtenu plusieurs résidences d’artistes, dont l’échange Québec-Mexico soutenu par le Conseil des Arts et des Lettres du Québec. Issue des arts d'impression, sa pratique emprunte maintenant une forme multidisciplinaire où sont mises en relation images imprimées, projections vidéo et installations.

Lors de sa résidence à Imago, Caroline poursuivra ses recherches sur les particularités et des limites de l’estampe. Dans sa pratique en lithographie, elle essaie de sortir l’image de son cadre et de le déployer dans l’espace, en utilisant, par exemple, la superposition et la répétition. Les estampes seront juxtaposées pour créer une grande image, ayant la possibilité de s’étendre davantage, et même, de prendre une forme sculpturale.

https://www.caroline-gagnon.com/

Liens vers l’évènement sur Facebook: Présentation Carole Gagnon

Caroline Gagnon

Caroline Gagnon

Caroline Gagnon: Artist residency from February 24th to March 14th.
Meet and greet with the artist on Wednesday March 11th from 5p.m. to 7p.m.

Caroline Gagnon is in residence at Atelier Imago from February 24 to March 14. Come visit her at the workshop and discuss her work during happy hour on Wednesday, March 11. Caroline will start her presentation at 5.30 p.m.

Caroline Gagnon lives and works in Montreal where she obtained her master's degree in visual and media arts at UQAM in 2011. Her work has been presented in many galleries and cultural centers across Canada. She has participated in many artist residencies, including the Quebec-Mexico exchange supported by the Quebec Council for the Arts and Letters. Coming from the printing arts, her practice now takes a multidisciplinary form in which printed images, video projections and installations are linked.

During her residency at Imago, Caroline will continue her research on the peculiarities and limits of printmaking. In her lithography practice, she tries to take the image out of its frame and deploy it in space, using, for example, superposition and repetition. The prints will be juxtaposed to create a large image, with the possibility of extending further, and even taking a sculptural form.

 https://www.caroline-gagnon.com/

Link to Facebook event: Caroline Gagnon Presentation

Par/By Caroline Gagnon

Par/By Caroline Gagnon

Source: https://www.caroline-gagnon.com/